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Sélection de novembre - décembre 2017

mardi 21 novembre 2017


Voici les livres que vous trouverez sur la table des nouveautés des mois de novembre et décembre

Un racisme imaginaire : la querelle de l’islamophobie

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Auteur : Pascal Bruckner
Editeur : Grasset 272 pages
”Islamophobie” : ce vocable permet de parer à toute critique envers l’islam. Il convient de délégitimiser ce terme qui a pour double but :
- de faire taire les Occidentaux qui prônent la liberté religieuse, la liberté de penser, l’égalaité entre hommes et femmes
- et de stigmatiser les musulmans libéraux qui osent critiquer leur confession.
Or, on ne peut empêcher la libre parole à l’endroit des systèmes religieux : la critique d’une religion n’est pas la discrimination, elle relève de l’esprit d’examen. Le ”retour du religieux” est plutôt le retour à l’obscurantisme et au fanatisme. C’est la raison pour laquelle le terme ”d’islamophobie” est qualifié par l’auteur de ”racisme imaginaire”

Retour à Lemberg

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Auteur : Philippe Sands
 
Editeur : Albin Michel, 540 pages 
La faculté de droit de l’université de Lemberg (Lvov, Lviv) invite Philippe Sands, avocat international, en 2010, à donner une conférence sur ses travaux concernant le génocide et les crimes contre l’humanité et son travail de recherche sur le procès de Nuremberg.
Or, son grand-père, Leon Buchholz, était originaire de cette ville.
De plus, deux juristes juifs, Hersch Lauterpacht et Raphael Lemkin, qui jouèrent un rôle déterminant lors du procès ont étudié et habité cette ville : ce sont eux qui ont forgé les concepts de crime contre l’humanité et de génocide.
C’est aussi en août 1942, que le Gouverneur général de Pologne, Hans Frank, annonce, dans un discours l’extermination des juifs de la ville.
Toutes ces coïncidences ont conduit Philippe Sands à enquêter sur l’histoire de sa famille, et de Lemberg à Nuremberg, le conduiront à l’histoire universelle.

Un certain M. Piekielny 

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Auteur : François-Henri Désérable

Editeur : Gallimard, 272 pages 
En 2014, François-Henri Désérable se retrouve pas hasard à Vilnius (avant guerre Wilno). En se promenant, il se retrouve dans une petite rue et aperçoit sur une maison une plaque indiquant, que l’écrivain et diplomate Romain Gary a vécu dans cette maison de 1917 à 1923.
Tout le livre va partie de là.
L’écrivain va rechercher l’ancien nom de la rue : la rue Grande-Pohulanka n°16 où habitait également un certain Piekielny que Romain Gary 5roman Kacew de son vrai nom) a connu enfant dans cette maison. L’écrivain va alors mener une enquête pour retrouver ce petit personnage. Pour s’aider, il fait référence au livre autobiographique de R.Gary : ”La promesse de l’aube”. Il nous parle de la vie de R.Gary, de sa mère, mais aussi de la vie, vraie ou inventée de M. Piekielny.
Il y a beaucoup de détails sur le shoah, les camps nazis, sur Vilnius, sur la vie de R.Gary à Paris, à Nice avec Jean Seberg. Il faut lire ou relire ”La promesse de l’aube” qui éclaire ce ”M. Piekielny”, livre intéressant et parfois poétique.

TAILLE 42

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Auteur :Malika Ferdjoukh et Charles Pollack
Editeur : Ecole des Loisirs, 264 pages

Récit de Malika Ferdjoukh basé sur le témoignage de Charles Pollack né en 1928 à Paris, concernant son enfance et son adolescence et de sa famille émigrée hongroise juive sous l’occupation.
Les angoisses de la clandestinité côtoient les détails de la vie quotidienne à Montmartre et Feuquières-en-Vimeu,dans les années quarante  : les privations, les alertes, la promiscuité avec l’occupant.
L’histoire de Charles Pollak est celle du fils d’un tailleur juif parisien né en Hongrie qui, un jour, brave les interdits et fait en sorte de passer inaperçu en trouvant quelqu’un qui accepte de supprimer la lettre J des nouvelles cartes d’identité des siens. 60 ans après une époque qui a marqué à jamais sa vie, il rencontre Malika Ferdjoukh.
Ce récit, destiné autant aux adolescents qu’aux adultes, est souriant malgré les restrictions, la faim et l’exil, va continuellement du grave au léger. Il dresse en quelques lignes et anecdotes de vrais portraits, qui nous fait suivre un enfant ayant grandit trop vite, appliqué à coudre des boutonnières, l’inventivité des uns et des autres, leur générosité aussi, alors que « Charly  » tente de maîtriser le signe de croix afin de passer inaperçu tout comme il mange du jambon.

Malgré la chasse aux Juifs et les menaces de déportation, le père de "Charly " décide de rester à Paris et de partir ensuite dans le nord de la France pour exercer son métier de tailleur. Charly, son frère et ses soeurs vivent ces tourments avec la légèreté et le détachement de leur âge  : "La guerre, on l’oubliait. C’était quelque chose qui concernait le monde des adultes."
ou  : "J’ai aimé énormément cette période où je suis resté seul avec ma grande sœur dans Paris en guerre... l’adversité renforçait nos liens  », ou encore « la mort était déguisée en milliers d’étoiles filantes". 

Beau témoignage d’une famille juive qui a résisté pour rester libre et en vie malgré les rafles, cela au prix du reniement (temporaire) de sa religion. Il nous fait entrer dans le quotidien de ceux qui ont vécu la guerre.

Le salaire de la destruction : formation et ruine de l’économie nazie

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Auteur : Adam Touze
Editeur : Tempus, 844p, plus notes et index

Cent soixante- dix pages de schémas, notes complémentaires, index figurent à la fin du texte. C’est dire si cet ouvrage est étayé sérieusement. Les références se rapportent à des documents issus des archives du IIIe Reich… Tout cela est donc fiable…
Ce gros pavé ne se lit pas facilement pour plusieurs raisons :

- D’une part, l’auteur s’étend largement sur chacune des données fournies, en justifiant son propos.

- D’autre part, il ne fait pas mystère des différentes thèses énoncées par les économistes qui ont étudié le sujet.
Enfin son analyse est vraiment très fouillée.
Venons- en au fait : Ce livre analyse l’ensemble des actions économiques entreprises par Hitler et ses comparses, depuis leur prise du pouvoir jusqu’aux tout derniers jours du Reich. Il montre que toute l’économie avait pour SEUL objectif le Réarmement de l’Allemagne. Le chômage de masse n’a jamais été une de leur préoccupation* Pas plus que l’amélioration de la condition des salariés. La Volkswagen et les autoroutes pour tous ? Un grand ratage, et un leurre. Ce réarmement était sous-tendu par une idéologie et une obsession criminelle. Il montre aussi à quel point la Wehrmacht a été impliquée dans le meurtre de masse, les einsatzgruppen y compris (certains historiens font porter la responsabilité sur la police uniquement).
Cet ouvrage remet aussi en question la vision que l’on peut avoir de la personnalité même d’ Hitler. Ce "fou" a tout de même réussi à convaincre des généraux, des économistes, des ingénieurs. Il a su faire des analyses géostratégiques, lesquels, au départ, se sont révélées judicieuses… pour le Reich. Fort heureusement, tous ses calculs ont fini par le perdre selon Adam Tooze, il a sous-évalué le communisme et Staline, en le traitant par le mépris, par pure idéologie.
De nombreux autres domaines sont abordés. A vous de les découvrir ! C’est une livre passionnant, vivement recommandé !

et les livres précédemment recommandés restent toujours à votre disposition
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