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Centre Medem (Arbeter-Ring)
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COUPLES MIXTES (4/4)

IV. Sous haute surveillance

par Rosette TAMA commission Culture du Centre MEDEM

mardi 1er août 2006


Cette après-midi de réflexion qui se déroule au Centre Medem - Arbeter ring, ne pouvait se dérouler nulle part ailleurs !

Si je l’affirme de façon si péremptoire mais cependant ironique, c’est que comme Izio Rosenman, nous l’a rappelé au cours des réunions préparatoires à cette journée : Medem était un converti !

 

 

Ses parents « décidèrent qu’ayant assez souffert de leur appartenance au judaïsme, ils voulaient épargner ce fardeau à leur plus jeune fils. Ils (le) baptisèrent donc dans une église orthodoxe. » Son père avait décidé, quant à lui «  d’adopter la religion luthérienne  » car « des mesures discriminatoires se préparaient contre les fonctionnaires juifs.  » (1)

 

L’INTITULE DE CETTE JOURNEE

 

Avant d’aborder le vif du sujet, quelques remarques à propos de l’intitulé de cette intervention.

Le vécu des couples concernés : tendance au divorce ?

C’est sous ce titre que le sujet me fut proposé quand je fus invitée à rejoindre ce groupe.

Le questionnement proposé, je le détournai, je le modifiai pour proposer l’intitulé suivant : la transmission sous haute surveillance : les couples mixtes, un cas particulier ?

Malheureusement, le point d’interrogation a disparu, il est passé à la trappe de l’inconscient, alors qu’il change le sens de la proposition.

Ces transformations, ces coquilles, ces oublis, ces refoulements sont à lire comme des indices du malaise, de l’angoisse qui nous saisissent parfois, malgré nous et très souvent sans qu’on veuille ou qu’on puisse le reconnaître ; dès que l’on quitte le territoire du semblable, du même, de la mêmeté.

 

A propos du titre, toujours, vous avez échappé à celui-ci, encore plus radical :

Mariages mixtes, mariages suspects ? 

 

Suspects de quoi, ma foi ? Suspects de ne pas transmettre l’identité juive qui ne constitue dans le cas des mariages mixtes que la moitié d’un héritage.

Suspects de brader l’héritage de l’identité juive ; d’où l’idée d’une transmission à haut risque, susceptible d’être placée sous la haute surveillance des divers gardiens de l’identité juive.

On mentionnera ici que l’évolution des mœurs (en Ile de France, un mariage sur deux se termine par un divorce) devrait permettre d’atténuer la dimension parfois traumatique qu’engendre la question des mariages mixtes. Surtout si l’on veut bien se rappeler, qu’existent actuellement des contrats de mariage incluant d’emblée le contrat de « désunion » !

 

EVOLUTION DU QUESTIONNEMENT

 

Autre signe de l’évolution du questionnement à propos des couples mixtes 

Albert Memmi traita ce thème, en 1955, dans son roman intitulé Agar, œuvre très pessimiste à propos des unions mixtes. (2)

A l’époque, l’ouvrage ne rencontra que peu d’écho. Sa notoriété alla en s’amplifiant lors de la réédition en 1984, comme augmentèrent le nombre des critiques dites négatives. Albert Memmi en vint à penser qu’il s’agissait de son livre le moins bien compris car appréhendé comme un anathème sur tous les mariages mixtes.

Mais en fait, ses héros loin d’appartenir au passé... sont devenus très modernes (3)

Et Albert Memmi de conclure dans sa préface : Hélas, on est toujours deux, comme on est toujours double. (4)

A ce constat en forme de regret, ajoutons l’énoncé suivant, toujours en suivant Albert Memmi : ’’Agar’’ est un essai de dévoilement des conditions négatives de la double réussite souhaitable : celle des mariages mixtes et celle de la fraternité entre les peuples. (5)

 

Un constat, un souhait auxquels j’ajoute le postulat suivant :

Toute forme de couple, toute forme d’union est une union mixte, quels que soient la couleur de peau, le sexe, le genre sexuel, les origines : sociale, culturelle ou religieuse des protagonistes. (6)

Ceci, fondamentalement parce qu’il s’agit de l’alliance reconnue socialement ou pas, de deux personnes, de deux individus, de deux êtres différents.

 

QUELQUES CITATIONS

 

Pour continuer notre cheminement, quelques citations dont je ne vous révèlerai le nom de l’auteur, qu’après-coup.

 

Première citation : Je suis d’origine juive, mes parents étaient juifs, je suis moi-même resté juif.  (7)

Deuxième citation : Bien que les formes dans lesquelles les vieux Juifs se sentaient à l’aise ne nous offrent plus d’abri, quelque chose d’essentiel, la substance même de ce judaïsme si plein de sens et de joie de vivre, n’abandonnera pas notre foyer. (8)

Troisième citation : J’ai la claire conscience d’une identité intérieure, le mystère d’une même construction psychique. (9)

Quatrième citation : A la question : « Mais qu’est-ce qui est encore juif chez toi, alors que tu as renoncé à ce patrimoine... », il répondait : « Encore beaucoup de choses et probablement l’essentiel. » (10)

 

Quatre déclarations sans équivoque d’un très grand penseur, Juif laïque, ayant banni de son foyer, tout signe de religiosité et ceci de façon parfois très véhémente ; tout en gardant précieusement la Bible offerte par son père. Qui plus est, il n’était pas adepte du sionisme : un vrai Bundiste, en quelque sorte, j’ai nommé : Sigmund Freud.

Comme vous le savez, Freud connut les persécutions nazies et mourut avant que la Shoah fut mise en œuvre dans les camps de la mort.

 

L’OMBRE PORTEE DE LA SHOAH

 

Si j’évoque ici la Shoah, c’est parce que son ombre portée, joue un rôle prépondérant dans cette haute surveillance que j’évoque à propos de la transmission de la judéité ou du judaïsme.

Aux questions : Qui suis-je ? Que faire de mes origines ? , peuvent s’ajouter culpabilité et angoisse engendrées par la transmission de l’histoire de la Shoah.

Mariages mixtes, transmission de l’apport de chacun des deux partenaires, certes.

Encore faut-il ne point oublier un facteur important : la transmission peut être consciente et militante mais elle est toujours quoi qu’on fasse, aussi d’ordre inconscient.

 

J’ai choisi un exemple, volontairement hors du champ des préoccupations de cette après-midi de réflexion. Je l’emprunte à la psychanalyste C. Mathelin.

C’est l’histoire de quatre sœurs auxquelles leur mère n’avait transmis aucune recette de cuisine, alors qu’elle était plus qu’experte en ce domaine. L’âge venant, devant l’insistance de ses filles, la mère se décida enfin à transmettre ses fameux secrets culinaires. Ce fut peu de temps avant son décès.

Or, après lecture de ce quasi-testament gastronomique, oh ! horreur, oh ! fureur, les quatre sœurs s’aperçurent que soit les recettes étaient incomplètes, soit les dosages étaient erronés.

Morale : on ne transmet que ce que l’on veut bien transmettre et même dans ce cas de figure, l’inconscient vous attend au détour du chemin !

Revenons à notre sujet avec le récit de ma rencontre avec la personne dont j’ai intitulé l’histoire  « Cahier de retraite »

 

 

CAHIER DE RETRAITE.

 

Monique hurlait à pleins poumons à l’adresse de sœur Marguerite :

« Vous pouvez me dire ce que vous voulez, vous pouvez me faire ce que vous voulez, de toutes les façons, je m’en fous : JE SUIS JUIVE ! »

De père juif converti au catholicisme, de mère non juive, à la veille de sa confirmation solennelle, Monique n’en démordait pas. Monique l’écrivait en toutes lettres dans le cahier de retraite où elle se devait de consigner ses pensées, au cours de ce temps de retrait, à la veille de cet évènement majeur dans une éducation catholique qu’est la communion solennelle.

Il faudra un temps très long d’analyse avant que Monique ne réalise et encore parce que son analyste le lui fit remarquer : au lieu d’écrire cahier de retraite, c’est cahier de RETRAITRE qu’elle avait inscrit.

Si son père fut traître à ses origines, à sa religion, elle, ne le serait pas à sa judéité.

Elle l’avait affirmé haut et fort, elle continue à le faire à ce jour, où ses paroles si fortes s’accompagnent de :

« Je n’ai pas besoin de voir Auschwitz, je le porte en moi. »

ou encore

« Oui, aux mariages mixtes ! Cela permet de maintenir les religions à l’écart, de laïciser le lien social, la société. »

 

Elle rejoint ainsi Amin Maalouf qui dans son très bel ouvrage intitulé : Les identités meurtrières, écrit : Je ne rêve pas d’un monde où la religion n’aurait plus de place, mais d’un monde où le besoin de spiritualité serait dissocié du besoin d’appartenance. D’un monde où l’homme, tout en demeurant attaché à des croyances, à un culte, à des valeurs morales éventuellement inspirées d’un Livre saint, ne ressentirait plus le besoin de s’enrôler dans la cohorte de ses coreligionnaires. D’un monde où la religion ne servirait plus de ciment à des ethnies en guerre. Séparer l’Eglise de l’Etat ne suffit plus ; tout aussi important serait de séparer le religieux de l’identitaire.  » (11) ( c’est moi qui souligne )

 

De paroles fortes en paroles fortes pour tenter de vous montrer que la transmission d’une identité ne dépend pas uniquement d’un savoir volontairement transmis.

Le père de Monique fut un très grand conteur mais sur sa judéité, son judaïsme, le temps de la déportation, ce fut le mutisme le plus total.

 

Une transmission en silence (12) alors, certes mais pas uniquement. Car le silence de l’un ouvrit la porte aux questions réelles ou implicites de l’enfant et c’est le conjoint qui répondit et fit œuvre de transmission effective. C’est ce que j’appelle le carrefour des transmissions.

Questions - silences - transmissions qui permettent aujourd’hui à Monique d’affirmer :

« J’aurai été juive pour les nazis, je ne suis pas juive pour les Juifs. »

 

C’est là notre point nodal, pour nous Juifs laïques de gauche qui le plus souvent ont parfaitement intégré les critères religieux de transmission de l’identité juive.

Poursuivons avec Kateb Yacine dont les paroles suivantes me semblent parfaitement illustrer le récit de Marlène.

... mais aucun fil n’est jamais rompu pour qui recherche ses origines.(13)

 

-  Une lettre de l’alphabet redoublée dans son nom,

-  Un nom et un lieu d’origine supposé que l’on met en correspondance,

-  Des amitiés particulièrement choisies,

-  Des comportements que l’on vous prête,

 

suffisent parfois à ancrer une conviction profonde et sincère qui n’appelle aucune preuve supplémentaire ; suffisent même à assurer une transmission que l’on aurait pariée comme étant hautement improbable.

A l’université, Marlène s’était vite retrouvée, entourée d’amis juifs. Par la suite, dans le cadre de sa vie professionnelle, on la plaisantait souvent, en lui disant : « Tu es la seule goy que l’on connaissance qui très vite, au cours d’une négociation demande : alors, où est le chèque ? Vous vous engagez ou pas ?  » .

On lui prêtait, également les mêmes compétences commerciales que sa tante. Nul doute, Marlène s’était engagée sur la voie de la revendication de ses origines juives. Nul doute, elle en avait les caractéristiques puisque les arguments qui pourraient apparaître comme étant de nature antisémite, se trouvaient être transformés en leur contraire !

Chez les siens, le silence fut d’une épaisseur radicale, incluant la période de la seconde guerre mondiale. Cependant, une preuve ultime, à rebours en quelque sorte, se fit jour.

Son fils cadet avait décidé et venait d’accomplir deux ans d’étude au Talmud Torah et voulait devenir.... psychanalyste !

A nouveau, silence dans la transmission et cependant le message, même clandestin, finit par passer.

Continuons avec une mère et sa fille.

 

 

CUISINE MIXTE.

 

 

Ce jour là, le jour de l’entretien, j’entrai dans la cuisine de cette maison où je n’avais connu que des jours de fête. La première chose qui me frappa : deux alphabets côte à côte, l’alphabet hébraïque et « l’autre » alphabet.

Étaient-ils là depuis longtemps, depuis toujours, je ne pensais pas à poser la question ? Je me bornai à constater, en mon for intérieur, que dès/dans la cuisine, les choses étaient inscrites.

J’ai eu la chance de pouvoir interviewer séparément, la mère et une des filles de la fratrie de cette union mixte. Par ailleurs, je ne suis pas sans connaître la sensibilité et certains des avis du père.

Après l’auto questionnement angoissé et critique de la mère, à propos de la transmission qu’elle avait effectué de façon consciente et militante, j’étais très curieuse d’entendre l’avis de la fille sur ce qu’elle avait retenu de l’apport de ses parents très engagés dans leur volonté respective de transmission et d’éducation.

C’est avec plaisir que je constatai, l’épanouissement de la personnalité, de la pensée de cette jeune femme.

Pleine conscience des apports de chacun de ses parents, des problèmes que cela leur avait posés, des préoccupations qu’elle-même ne manquerait pas de rencontrer dans le couple qu’elle formait actuellement avec son compagnon (couple que j’affublerais du qualificatif « d’un peu moins mixte » que celui de ses parents.) Ceci pour reprendre la thématique de la constante recherche du même, toujours insuffisante ou comme la nommait Freud, a contrario : le narcissisme de la petite différence.

 

Cette jeune femme avait elle-même exprimé cette incapacité de tout un chacun à supporter les écarts, les différences entre les êtres, entre leurs milieux respectifs comme s’ils étaient toujours à mille lieux les uns des autres. Tout en revendiquant que leurs dissemblances soient respectées.

Elle semblait très satisfaite de ce que son nom et son physique lui donnaient la possibilité d’avoir une identité cachée, lui permettant d’avoir une forme de maîtrise sur d’éventuels propos antisémites qui seraient prononcés devant elle.

Dans le même temps, elle regrettait de ne pas posséder de signes manifestes, visibles de sa judéité quand elle se trouvait au sein d’un groupe juif.

Elle « reprochait » ( ces guillemets sont les siens) à ses parents de lui avoir transmis une identité juive « illégitime » (c’est elle-même qui employa ce qualificatif) alors qu’elle en attendait également une transmission des rituels.

Elle m’a semblé hésitante sur ses propres capacités à transmettre - mais qui ne l’est pas dans ce domaine, la brillante étudiante qu’elle est, démontrant bien ainsi que savoir et transmission ne sont nullement et forcément corrélés positivement.

 

L’éducation qu’elle a reçue de ses deux parents nous indiquera une nouvelle fois que le porteur d’une identité n’est pas forcément le plus à même de la transmettre.

En effet, c’est parfois l’autre, le conjoint non juif qui assure la transmission d’une culture ou d’une histoire trop « lourde » à porter et surtout à transmettre.

Dans la rencontre que j’ai nommée Cuisine mixte , c’est le père qui assura la transmission du « premier testament » selon l’heureuse formule de la mère juive de cette union mixte !

 

 

DESARRIMAGE DE L’IDENTITE.

 

Ne me dites surtout pas qu’être issu d’un couple mixte est une chance !

Telle fut la tonalité générale de notre premier entretien ; les propos de N.M allant jusqu’à parler de troubles de la ressemblance, qu’il a pu éprouver dans la recherche de son reflet dans le regard de sa mère, dans le regard de son père, puis dans celui renvoyé par autrui.

Je vais reproduire les paroles qu’il m’a adressées pour clore momentanément le débat entre nous.

J’ai essayé et réessayé d’écrire des amorces de texte sur le métissage. Que ce soit sous une forme autobiographique ou sous une forme distanciée, drôle... je n’y arrive pas vraiment, car en fait, je ne peux parler que de moi... et cela m’est plutôt difficile. Nos échanges au cours des dernières semaines m’ont obligé à me poser des questions que je ne m’étais jamais posées. Je n’ai pas assez de distance aujourd’hui pour en rire ou en pleurer... mais je sais au plus intime de mon être que c’est une question pivot de mon existence. Je sais que cette mixité m’a et me pousse continuellement vers d’autres mixités, vers la pluralité, qu’elle m’incite à être multiple pour ne former qu’un, à me disperser pour me retrouver, à rechercher toujours dans différentes cultures, des fragments de moi... rêvés ou réels, fantasmés ou fantasques.

La mixité offre finalement une zone d’ombre qui permet bien des révélations de soi, au gré des remarques ou des questions posées. Ce ne sont pas des mensonges, ce sont des interprétations. 

Je me permettrai juste d’ajouter, qu’il convient de bien entendre les interprétations dont il s’agit dans ce texte, dans le sens musical du terme qui toujours peut rejoindre celui des sens de la langue.

Je ne pense pas que vous serez étonné d’apprendre que lorsque sur l’écran de mon portable, s’impriment les mots : Identité cachée, je sais que c’est lui qui m’appelle.

.

Donc, il y a transmission en silence, il y a transmission croisée, consciente et inconsciente, il y a travail d’éducation chez les couples mixtes « comme » chez les autres couples. Les couples mixtes ne forment qu’un groupe particulier parmi les possibles configurations empruntées par la transmission.

Néanmoins, nous ne pouvons nous empêcher, moi la première, de souhaiter que nos enfants s’unissent avec un autre que l’on puisse reconnaître d’emblée et qu’il nous reconnaisse aussi de façon identique, immédiatement.

Ainsi, notre questionnement de départ à propos de la perte possible de l’identité juive dans les unions mixtes, pourrait n’être qu’une énième répétition de la question œdipienne.

Question œdipienne reprenant une forme ancienne bien connue des enfants : De ton papa ou de ta maman, qui préfères-tu ? 

Question à laquelle, le plus souvent les enfants se gardent de répondre, sachant très bien qu’un interdit s’y cache.

 

 

DEUX REMARQUES POUR TERMINER

 

La première : je ne partage pas l’avis exprimé par Edgar Morin et Elie Barnavie, dans l’avant dernier numéro de la revue « Diasporiques »

 Les mariages mixtes tendent incontestablement (mais lentement) à dissoudre l’identité juive. Mais ce processus n’est pas aussi linéaire qu’on pourrait le croire.  (E. Morin).

 Les Juifs dépérissent par mariages exogamiques et par cette inévitable perte de mémoire. (E. Barnavie)(14)

 

Précisons qu’il ne s’agit pas là du sujet principal discuté dans cette interview. On peut cependant relever la composante d’inexorable fatalité qui colore leurs propos respectifs.

J’aurais plutôt tendance à pointer le fait que les mariages mixtes soient l’indicateur d’un temps de paix où une politique volontariste concernant la politique culturelle d’un peuple a le plus de chance de porter ses fruits.

La dernière : je n’ai pas beaucoup entendu prononcé le mot AMOUR cet après-midi. Serait-il devenu obscène, imprononçable, inavouable, car on ne maîtrise pas sa durée, car on désespère de ne pouvoir s’y assurer d’une garantie ?

 

 

Toujours est-il qu’il me paraît opportun, à propos de mixité, de citer Madame de Staël : Je ne trouve en moi que vous(15)

 

 

Rosette TAMA

 

 

Notes 

(1) Medem V., Ma Vie, Honoré Champion Editeur, Paris, 1999, p.23, 22, 21.

(2)  Memmi A., Agar, Editions Correa Buchet / Castel , 1955.

(3)  Memmi. A., Agar, Editions Gallimard, Paris, 1984, p. 20.

(4)  Ibid, p. 20.

(5)  Ibid, p.16.

(6)  Ce point de vue est développé par J. Hassoun in Les contrebandiers de la mémoire. Syros, Paris, 1994.

(7)  Freud S., Sigmund Freud présenté par lui-même. Gallimard, Paris, 1984, p.16.

(8)  Freud S., Correspondance 1873-1939, Gallimard, Paris, 1991, p. 32.

(9)  Ibid, p.398.

(10) Freud S., Totem et Tabou. , PBP Payot, Paris, 1992, p. 67.

(11) Maalouf A., Editions Grasset & Fasquelle, 1998, p.110.

(12) Menès M., Revue du champ lacanien : la parenté, les voies de la transmission. Article à paraître en octobre 2006.

(13) Yacine K., Nedjma. , Editions du Seuil, 1956, p. 137

(14) Diasporiques, numéro 37, mars 2006, p.13.

(15) Voir lettre de Mme de Staël, à l’époque (1778) Melle Necker, relevée par Thomas. C. in Souffrir , Editions Payot & Rivages, Paris, 2006, p. 28.

 

 

Bibliographie 

Freud. S., Correspondance 1873-1939, Gallimard, Paris, 1991.

Freud., S., Sigmund Freud présenté par lui-même, Gallimard, Paris, 1991.

Freud. S. , Totem et tabou, PBP Payot, Paris, 1992.

Hassoun. J., Les contrebandiers de la mémoire. , Syros, Paris, 1993.

Maalouf. , A., Les identités meurtrières, Editions Grasset & Fasquelle. 1998.

Medem. , V., Ma Vie, Honoré Champion Éditeur, Paris, 1999.

Memmi. , A., Agar. , Éditions Correa Buchet / Chastel, Paris, 1955.

Thomas. , C., Souffrir. , Editions Payot & Rivages.(Poche), Paris, 2006.

Revues :

Diasporiques, n° 37, mars 2006.

Revue du champ lacanien. Menès, M., : La parenté, les voies de la transmission. A paraître en octobre 2006.


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