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Centre Medem (Arbeter-Ring)
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Georges Bensoussan

mardi 8 avril 2008


Un nom impérissable

Israël, le sionisme et la destruction des Juifs d’Europe

Georges Bensoussan

Historien et professeur d’histoire Rédacteur en chef de la Revue d’Histoire de la Shoah (CDJC), et auteur de plusieurs ouvrages, dont Auschwitz en héritage, et Histoire de la Shoah

Pour l’opinion commune, confortée par la proximité chronologique des deux événements, la naissance de l’Etat d’Israël en 1948 est une conséquence quasi directe de la Shoah. Un lien essentiel relie aujourd’ hui, en effet, la catastrophe juive du XXe siècle à l’Etat d’Israël, mais ce lien est de nature politique et il est postérieur à 1948.. Comment le Foyer national juif a-t-il perçu la catastrophe qui se déroulait entre 1933 et 1945 ? Commet l’Etat d’Israël a-t-il géré ensuite le souvenir d’un événement qu’il va longtemps commémorer en opposant l’héroïsme des insurgés des ghettos à la ’lâcheté’ supposée de toutes les autres victimes ? Loin d’occuper la place centrale qui est désormais la sienne dans l’Etat d’Israël, le souvenir de la Shoah suscita longtemps une attitude de honte et de rejet. Or, aujourd’ hui, en particulier depuis les guerres des Six jours (1967) et du Kippour (1973), et à rebours du rêve de l’’homme nouveau’ voulu par le sionisme des pères fondateurs, la Shoah occupe une place centrale dans la construction de l’identité israélienne. C’est par elle, entre autres, que les Israéliens sont redevenus juifs au terme d’un processus mémoriel qui, à la longue, tend pourtant peut-être à fragiliser la légitimité même de l’Etat juif.

Présenté par Ida Papiernik

P.a.f.

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