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Centre Medem (Arbeter-Ring)
Centre Medem (Arbeter-Ring)



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mercredi 2 mai 2018


En ces temps troublés, dans une Europe en proie à des poussées ultranationalistes aux relents antisémites, particulièrement en Pologne et en Hongrie (mais pas seule- ment), dans un monde qui échange des tombereaux de menaces quand il ne s’agit pas de bombes réelles, il est sans doute utile et nécessaire de réaffirmer quelques valeurs républicaines, que certains jugeront trop simples voire désuètes.

En premier lieu, le rappel de ce que l’État de droit démocratique doit assurer à ses citoyens et à ceux qu’il accueille : libertés de conscience, de pensée et d’opinion en matière politique, religieuse et philosophique, tout en maintenant des barrières, des lignes rouges* infranchissables comme celle de la laïcité affirmant que la loi passe devant la foi.
Simple et efficace, c’est un principe qui permet de répondre à de nombreuses dérives, quelles que soient les religions qui en sont à l’origine.

En second lieu, le rappel que l’État de droit démocratique doit protéger ses ressortissants. Aucune excuse ne peut être invoquée pour justifier des actes antisémites ou amoindrir leur gravité. C’est une seconde ligne à ne pas franchir. Et la défense des uns n’est pas l’oubli ou la condamnation des autres, comme les tenants de la « concurrence victimaire » s’acharnent à le rabâcher, car l’antisémitisme, hélas, est une mesure de tous les autres racismes. Des racismes qui doivent être condamnés sans appel, tout comme doivent l’être les actes barbares ou les attentats.
Si le cache-sexe de l’antisionisme est l’une des formes les plus pernicieuses de l’antisémitisme, il ne saurait museler les critiques des Juifs laïques de France, engagés dans la modernité et acteurs dans la société globale, sur l’inertie du gouvernement actuel d’Israël et ses dérives anti- démocratiques. Car les Juifs de la diaspora, qu’ils le veuillent ou pas, subissent en retour le manque d’initiatives et le peu de perspectives que ce gouvernement offre à ceux qui l’entourent. Et ce ricochet nous donne droit à la parole, mieux nous y force.
En troisième lieu, le rappel que l’État de droit démocratique doit garantir l’accès à l’éducation et à la culture. Ce qui inclut évidemment la liberté de la presse (Cf la Turquie, la Russie, les pays du Maghreb, la Chine, ...) ; la liberté de mouvement (Cf la Turquie, la Russie, les pays du Maghreb, la Chine, ...), la liberté d’association, (Cf la Turquie, la Russie, les pays du Maghreb, la Chine, ...) ...
Modestement, dans la sphère culturelle qui est la sienne, le Centre Medem tente de maintenir un lieu de débats ouvert, un lieu où sont confrontées les différentes mémoires et les différentes façons de vivre ensemble, un lieu où la culture, les cultures juives en particulier, restent une valeur émancipatrice. Que ces mois d’été vous soient favorables.

Léopold BRAUNSTEIN
Président du Centre Medem ArbeterRing

* L’expression viendrait du « Red Line agreement », accord conclu en 1928 entre les grandes compagnies pétrolières britanniques, américaines et françaises sur les reliques de l’Empire Ottoman. Au moment de la signature, aucun des Occidentaux présents ne connaissait vraiment les frontières de cet empire. Calouste Gulbenkian, homme d’affaires arménien, se serait saisi d’un crayon rouge pour tracer d’une façon arbitraire, les frontières supposées de feu l’Empire Ottoman.
En France, on utilise la métaphore routière de la « ligne jaune » ou « blanche » plutôt que la « red line » employée dans le monde entier.

D ‘après un article d’Alexandre Melnik sur le site atlantico.fr


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